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L'innovation thérapeutique fut, pendant très longtemps, le métier quasi exclusif des industriels pharmaceutiques qui s’appuyaient, pour certains aspects de leur recherche, sur des collaborations avec les laboratoires de recherche publique. Mais d’importantes évolutions se sont produites, ces dernières années :
- l’apparition des technologies de la biologie moléculaire,
- l’émergence d’entreprises de biotechnologie dont une grande majorité est tournée vers la santé,
- la mise sur le marché de molécules complexes issues du vivant utilisées comme des médicaments (hormones, interférons, etc…).
Le développement des technologies de la biologie à grande échelle, de la biologie structurale et de l’imagerie ainsi que l’apport de la génétique dans ces domaines (pharmacogénétique) ont considérablement enrichi ce secteur de recherche mais l’ont aussi fortement complexifié. La fédération des compétences franciliennes dans ces domaines, une meilleure organisation des nouveaux partenariats, ainsi que l’intégration de ces diverses démarches dans une organisation plus cohérente et souple permettraient d’enrichir et de dynamiser un dispositif industriel francilien, particulièrement riche en acteurs diversifiés. Cette démarche serait d’une aide considérable pour les jeunes entreprises du médicament qui ne disposent évidemment pas de la force de frappe nécessaire pour conduire le développement complet du médicament, depuis le début du projet jusqu’à la mise sur le marché. Ces compétences existent, bien entendu, chez les grands industriels, mais ceux-ci pourraient trouver plus rapidement, grâce à l’action déployée dans cette thématique, les partenariats indispensables et fructueux dont ils auront besoin, par exemple, en biologie structurale. Telle est, en essence, l’objectif principal de cette thématique. Les acteurs Dans le domaine du médicament, la région Ile-de-France se caractérise par une concentration de forces considérables :
- des grands industriels de la pharmacie, acteurs essentiels du pôle (Sanofi-Aventis, Servier, Ipsen, GSK),
- un fort tissu industriel incluant 150 sociétés de biotechnologies (ABscience, Aureus pharma, Anaconda pharma, Bioalliance, Cerep, Da Volterra, Drugabilis, Exonhit, Oligovax, Stallergènes…),
- de nombreux établissements d’enseignement supérieur [Universités Paris V, VI, VII, XI, XII, Versailles Saint-Quentin, ENS (Ulm et Cachan)] proposant des formations initiales relevant directement ou indirectement du secteur de la santé,
- L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP),
- un ensemble exceptionnel de laboratoires de recherche Inserm, CNRS, CEA, Inra, soit environ 6 000 chercheurs et enseignants-chercheurs dans le domaine du développement des médicaments. Plusieurs instituts prestigieux de réputation mondiale : l’Institut Pasteur, l’Institut Curie, l’Institut Gustave Roussy.
Signalons, en outre, deux écoles doctorales franciliennes spécialisées dans le développement des médicaments. Eléments structurants
La région Ile-de-France est ou sera dotée de grands équipements spécialisés dans le domaine de l’innovation thérapeutique comme (liste non exhaustive) :
- les ressources biologiques (tumorothèques, modèles animaux….) et les plates-formes technologiques de pharmacologie pré-clinique et clinique, de pharmacogénétique, de génomique, protéomique (Genoscope, Centre National de Génotypage - de Genopole Evry)
- les projets de l’Institut du cerveau et de la moelle et de l’Institut de la vision,
- le Cancéropôle Ile-de-France et les plates-formes technologiques des organismes qui le constituent,
- l’imagerie : le SHFJ (CEA) et les projets NeuroSpin (CEA) et MIRCen (CEA/Inserm),
- la biologie structurale, avec le projet de synchro-cyclotron de nouvelle génération : Soleil,
- les moyens de calcul offerts par les laboratoires de « mésoinformatique » de l’université Paris XI et de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan et partagées via le réseau haut débit Rubis.
L’ambition de cette thématique, visant à mettre en œuvre des processus nouveaux et performants de découverte et de développement de médicaments, participe de la démarche de structuration voulue par le pôle. Elle s’appuie, pour l’essentiel, sur les acteurs ainsi que sur les ressources et les plates-formes rappelées ci-dessus. A cette fin, cette thématique se donne comme objectifs de mettre en place :
Un Institut du médicament pour :
- répondre aux besoins des entreprises en coordonnant les compétences et les moyens disponibles dans la région,
animer et soutenir l’ensemble des acteurs franciliens impliqués dans la découverte et le développement de médicaments, en particulier, le monde des jeunes entreprises innovantes,
- organiser une veille compétitive et favoriser la diffusion des innovations entre ces acteurs,
- proposer à l’ensemble de ces acteurs des processus et des modes de fonctionnement coordonnés.
Des plateaux techniques mutualisés : Dans les étapes de recherche précompétitive, des laboratoires publics et des entreprises pourraient partager des plates-formes de criblage mutualisées permettant de caractériser de nouvelles cibles, d’en étudier les propriétés, de cribler sur ces nouvelles cibles des chimiothèques publiques professionnalisées, d’aboutir à l’isolement de «hits» puis, à partir de ces «hits», cerner la présence de «lead».
Un tel projet s’appuiera sur les moyens de calcul essentiels à ces développements. Il est très ambitieux et pas simple à monter. Il fera appel à un cabinet spécialisé chargé de la mise en place d’un business plan détaillé et structuré.
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